Il est très important que l’enfant ait conscience de son corps et sache en nommer et situer les différentes parties; c’est une preuve de bon développement et d’une certaine maturité. D’ailleurs replongeons-nous quelques années en arrière auprès de notre jeune enfant: le corps est un des pôles d’attraction pour l’enfant; tout d’abord celui de sa mère, car il en est tout près, bercé, alimenté, cajolé, puis petit à petit il prend conscience qu’il existe indépendamment d’elle.
Spitz a montré en observant mère et enfant que l’attitude affective de la mère est en rapport étroit avec le progrès de l’enfant et agit également sur son état tonique.
Le contact physique mère-enfant aboutit dans le meilleur des cas à abaisser la tension musculaire du bébé; exemple: le bébé qui se laisse “aller” dans les bras de sa mère et s’abandonne complètement à elle.
L’enfant se découvre tou doucement: c’est la période des “toucher”, des jeux avec ses doigts jusqu’à en loucher, des “sucer”: ses doigts de mains, de pieds, sa main, son bras, etc.
Une maman attentive qui joue avec son enfant commence à lui parler de lui, de son corps dès son plus jeune âge: “Oh! les belles menottes, et les pieds qu’ils sont mignons”, etc.
Ce que nous vous proposons pour faciliter cette prise de conscience du schéma corporel, sera très proche de cette attitude maternelle où la découverte se fait sous forme de jeux.
Que ce soit en classe ou à la maison, les enfants se meuvent, agissent, donc utilisent toutes les parties de leur corps tout au long des activités qu’ils entreprennent. Or, ils n’en ont au départ qu’une connaissance intuitive. Notre tôle sera de les faire réfléchir pour les aider à localiser, à nommer les segments dont ils se servent (main, pied, tête)puis ceux de plus en plus précis dont ils n’ont peut-être pas conscience de se servir (oreille, yeux, nez, ventre, fesse, etc.). Il est indispensable que l’enfant connaisse puis nomme et enfin localise ses différents segments si on veut l’aider à se détendre.
Par où commencer cette prise de conscience?
Il n’y a, à vrai dire, ni début, ni fin; il n’y a rien d’arbitraire, ce qui est important c’est la manière dont on joue avec l’enfant et la façon de lui présenter ce jeu. Il est évident que pour un enfant de 2 ans (petite section d’école maternelle) le jeu n’aura pas la même rigueur que pour celui qui en a 5 (grande section d’école maternelle).
Peut-être pourrait-on tout de même commencer par les jeux de doigts qui sont un excellent moyen pour localiser, nommer les différentes parties de la main, du bras, pour prendre conscience de sa mobilité, de l’impossibilité à faire certains gestes. Pour le bébé, la main et les doigts sont le premier des jouets: la main remue, prend, écarte, touche, jette; les doigts bougent, s’écartent; les poings se serrent, etc. Les exercices de doigts et de mains sont d’une exécution très simple et peuvent se faire en classe, dehors, en salle de jeux, à la maison, en voiture, etc.
Le chant “Un petit pouce qui marche” anodin est important pour la prise de conscience de l’enfant que certains de ses segments vont par deux, que si l’on crispe une main l’autre a tendance à le faire aussi (phénomène de syncinésies). Il sera bon d’ailleurs de jouer de cette solidarité et d’essayer à amener l’enfant à dissocier ces segments, exemple: le jeu que nous avons tous fait étant enfant: se frotter le ventre d’une main et se taper sur la tête de l’autre. Si les chants et comptines (pomme de reinette, les doigts de la main, un petit pouce qui marche) font appel à la connaissance de la main et des doigts il en est d’autres qui ont trait au visage (Nez cancan par exemple ou je fais le tour de la maison); d’autres au pied (j’ai un pied qui r’mue, – ronde chantée- ou Jean petit qui danse).
Les chants et les formulettes ne sont pas les seuls moyens utilisables pour cette prise de conscience, il y a ausse tout ce que l’enfant fait lorsqu’il joue avec un matériel et avec son corps. Les exercices dits de “motricité” vont apporter beaucoup à l’enfant qui par le truchement d’un matériel s’exerce à localiser puis à nommer les segments de son corps (tête, cou, épaule, cheville, etc.)
Après avoir joué avec son corps, après avoir vécu ses expériences corporelles, il est intéressant de demander à l’enfant de faire une représentation graphique des diverses situations dans lesquelles il s’est trouvé. Si l’enfant se heurte à un problème graphomoteur, il peut tout de même nous expliquer ce qu’il a voulu faire et son dessin nous renseigne sur la connaissance qu’il a de son corps (dessin genoux, coude) et de certains détails dont l’importance mise en évidence nous fait sourire. Cela nous renseigne également sur la façon dont l’enfant se voit, projette sa propre image, sur la façon dont il voit les autres; exemple: des dos, des profils; a la connaissance de ce qu’il ne voit pas de lui: son dos, ses cheveux, ses fesses, ses talons, etc.
La maison avec le contact de la maman est un terrain privilégié pour ce genre d’activité. D’abord la maman est plus disponible, elle peut accorder plus de temps à son enfant. Si celui-ci n’est pas seul, il pourra à son gré réutiliser ces jeux avec ses frères et soeurs; une grande soeur ou un grand frère pourra également faire jouer son cadet sans peine.
Toutes les occasions pour apprendre à l’enfant à connaître son corps seront les bienvenues; Il peut y avoir par exemple parmi les plus classiques: la toilette, le bain, l’habillage, le déshabillage, le coucher, le lever (disque Anne sylvestre: Mon oeil droit). Le repas pris en famille, s’il n’est pas vécu comme une suite de reproches, peut être très fructueux à condition que les parents prennent le temps de lui parler et l’aident à s’exprimer. C’est aussi par imitation que l’enfant apprend; il est donc fort intéressant pour lui de se trouver à table en famille car il se rend compte de quelle façon on tient: son couteau, sa fourchette, sa cuillère et l’utilisation de ses mains, de ses doigts s’en trouvera accélérée car il voudra faire “pareil”. Le repas n’est donc pas que “nourriture”; il ne faut pas oublier que la table est un lieu de rencontre et qu’il doit être privilégié. Il est indispensable de prendre son temps, de parler aux enfants, de les laisser parler. Pour l’enfant être à table, manger, c’est aussi le plaisir d’être avec son père et sa mère et le reste de la famille. Il est donc important de faire partager nos repas aux enfants et de nous organiser pour qu’ils y soient présents.
Toujours dans le but de conduire l’enfant à compléter la connaissance de son corps on peut envisager de lui faire exécuter à l’aide de matériaux divers (carton, boîte, tubes, papier, laine, bouchons, allumettes, etc.) des bonshommes articulés ou non, des marionnettes à gaine, des marottes (3ans à 6 ans), des marionnettes à fil (8 ans à 10 ans), des masques (visage). Une fois ces travaux exécutés, l’enfant manifeste l’envie de jouer avec, et au cours de ces jeux il n’est pas rare qu’il s’aperçoive ou que ses camarades lui fassent remarquer que sa poupée n’a pas de bras: -qu’il lui manque les pids, – que ses yeux sont absents, – qu’elle n’a pas de cheveux sur la tête, etc. C’est par l’observation de ces détails qu’il va prendre conscience de l’importance par exemple des articulations: les pantins fabriqués avec des attaches parisiennes ont des articulations mais celles-ci ne correspondent pas aux nôtres. Il en résulte des gestes différents et des impossibilités, exemple: – le pantin ne peut faire que des mouvements latéraux alors que les nôtres sont dirigés vers l’avant, l’arrière – sa tête ne peut pas s’incliner, tourner sur le côté, etc.
L’IMPORTANCE DE LA POUPEE dans la connaissance du schéma corporel.
Tous les enfants qu’ils soient garçon ou fille manifestent le désir d’avoir une poupée. Si l’onaccepte volontiers pour la fille, certains parents s’y opposent lorsqu’il s’agit de leur garçon. Il importe de changer ce comportement; ce n’est pas parce qu’un garçon joue à la poupée quil sera féministe. L’attrait de la poupée correspond au fait que l’enfant y retrouve son physique. Elle a une tête, des yeux (souvent dormeurs), un nez, une bouche, des cheveux, des membres, un nombril, etc.
“Je me souviens de mon fils de 2ans 1/2 à la vue de sa première poupée; j’attendais à ce moment un second enfant. Après l’avoir dépouillée de tous ses vêtements il s’est exclamé: “Là, comme moi” en me montrant son nombril. Puis il a recherché sur lui, ce qu’il trouvait sur elle, tout en nommant les différentes parties découvertes. Puis cette poupée est devenue “bébé” qu’on attendait, puis “Tit frère” ou “Tite soeur”.”
La poupée peut servir d’exutoire à des enfants ayant des problèmes. Un de mes élèves (5ans) acceptait mal que sa mère attende un autre bébé; il était le second, donc le dernier et de surcroît un garçon. Or cet enfant adorait jouer au coin poupée et à chaque fois il lançait une poupée hors du coin jeu. Par cette agressivité il manifestait ouvertement son refus du bébé à naître.
La prise de conscience du schéma corporel se fait donc plus importante chaque jour.
A partir du moment où les enfants semblent avoir acquis un certain nombre d’informations on peut commencer quelques exercices de détente. On peut en envisager plusieurs sortes selon le moment de la journée.
Que faire quand votre enfant fait des cauchemars ?
décembre 8, 2009 · Classé dans Comment vaincre les peurs enfantines, Devenir - être parents · Tagged angoisses, cauchemars, enfant, parents, peurs, sommeil
Votre enfant sursaute en pleine nuit et pleure à chaudes larmes. Vous venez auprès de lui et la seule explication que vous pouvez avoir, c’est un récit de faits irréels que vous avez du mal à comprendre et qui, pourtant, angoisse tellement le petit. Comment le rassurer et lui dire qu’il s’agit simplement d’un cauchemar ?
Comment déceler les cauchemars ?
A partir d’un an, les enfants sont de plus en plus sujets à la perturbation du sommeil. Si les cauchemars les tirent de leur sommeil, les terreurs ne les éveillent pas : ils sont endormis tout en se sentant apeurés effrayés, ces deux phénomènes ne sont donc pas à confondre. Certes, dans les deux cas, l’enfant peut pleurer, crier ou délirer complètement en essayant de lutter contre l’objet de sa terreur.
Que faire pour apaiser votre enfant ?
Sur le coup, n’essayez pas de comprendre ce qu’il raconte car il pourrait encore se perdre davantage dans les explications. S’il s’agite dans tous les sens ou pleure toutes les larmes de son corps, mettez-vous à côté de lui et montrez lui que vous êtes là pour lui. En aucun cas, vous ne devez paniquer en venant de votre chambre à la sienne.
Cependant, tout en lui témoignant votre présence, veillez à ne pas trop en faire car il pourrait croire que ce qu’il a vécu est bien réel, ce qui poussera le cycle à recommencer. Il n’aura pas d’assurance si vous le couvez trop il ne combattra donc pas son cauchemar tout seul puisqu’il sait que vous serez toujours là. D’autant plus que cela ne ferra qu’accroitre l’importance de ses cauchemars, et aura tendance à amplifier sa peur.
En outre, avant de vous recoucher, assurez-vous que votre enfant soit bien en sécurité dans son lit et dorme dans les meilleures conditions (température, sonorité, décoration, etc.). Vous devez lui montrer que vous avez la situation bien en mains et qu’il n’y a rien à craindre dans sa chambre car vous avez bien tout vérifié.
Comment éviter les récidives ?
Pour éviter que les cauchemars recommencent, parlez-en à votre enfant. En effet, si vous n’avez pas pu comprendre un mot de ce qu’il disait pendant sa nuit de cauchemar, c’est le moment idéal pour le pousser à vous décrire les choses « horribles » qui lui font si peur. Si l’objet de ses cauchemars est abstrait, demandez- lui de mettre un visage à cette horreur en dessinant.
Une fois qu’il aurait couché sur papier l’objet de sa peur, invitez votre enfant à écraser le papier ou à le déchirer. Cela peut paraître insensé mais c’est une excellente manière de matérialiser ses terreurs et de l’aider à les combattre car tout se passe dans son imagination.
Par ailleurs, si les cauchemars de votre enfant ont tendance à recommencer très souvent, il convient de consulter un pédopsychiatre ou d’autres spécialistes car les cauchemars peuvent n’être que la partie émergente d’un problème nettement plus important.
Laisser un commentaire »