A savoir
La voix
Les enfants y sont très sensibles. Crier, parler trop fort, parler trop vite, passer du grave à l’aigu les irrite.
La maman, l’institutrice, l’animatrice qui crie constamment aura beaucoup de mal, au bout, à se faire entendre, car dans ce comportement-là comme dans les autres une sorte de mimétisme agit: “Tu parles fort! Moi aussi!” Il s’ensuit une escalade dans le ton et pour peu que 10 ou 30 enfants s’y exercent cela devient vite infernal. Plus personne n’écoute.
Inversement, … parlant toujours très faiblement, si elle intéresse au début, devient vite pénible à écouter et l’enfant ne soutient pas l’effort d’attention demandé; il va s’isoler dans son petit monde ou rêver. Autre défaut fréquent est la mauvaise articulation. Ajoutée à un débit verbal trop rapide elle conduit l’enfant, soit à faire un effort pour essayer de comprendre, soit à se désintéresser de ce qu’il entend, à nouveau une attitude de repli de l’enfant sur lui-même.
Toutes ces voix mal utilisées peuvent avoir des conséquences fâcheuses pour l’adulte lui-même. A la longue sa voix se fatigue, s’abime, perd de sa puissance, se voile, se casse, et peut même entraîner de la dysphonie chronique, puis permanente, laquelle nécessitera une intervention thérapeutique: médications, séances de rééducation orthophonique, cures, ect.
Pour en revenir à notre contact avec l’enfant, savoir doser sa voix, savoir la moduler, savoir en jouer aussi bien dans son débit que dans sa puissance, s’efforcer à une meilleure articulation, c’est déjà savoir détendre ou savoir se faire écouter.
Une voix sans modulation aura à coup sûr un effet lassant, une voix expressive, avec des courbes de variation, des intensités sera à même d’exprimer la joie, le mécontentement, l’impatience, la surprise, etc., et plaira à l’enfant. Pour s’entrainer il “suffit” de jouer : -au “papa ours” qui a une grosse voix -à la “maman” qui a une voix moyenne -et au “bébé” qui en a une toute petite … (conte: Les trois ours ou Boucle d’Or et les trois ours).
Les mamans qui racontent les histoires adoptent d’emblée des tons différents selon les personnages et la réaction des enfants les récompense de tous leurs efforts.
J’ai déjà parlé d’économie de langage en “attitude gestuelle”. Ici aussi elle peut prendre sa place. Les bruits que nous pouvons faire, les onomatopées les claquements de langue (s’ils sont employés à bon escient) ont parfois beaucoup plus d’impact que les longs discours, ou que les cris. Un enfant veut toucher à la casserole sur le gaz. Si la maman au lieu de crier (ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses) produit un petit claquement de langue réprobateur, cela suffit à arrêter l’enfant dans son geste dangereux.